Mass Effect : Foundation #13

Mass Effect : Foundation #13 est le dernier tome de la série Mass Effect : Foundation. Il est sorti le 23 juillet 2014 en VO en version digitale sur le site Dark Horse Comic. Pour un prix de 3,99$, ce tome conclue l’intrigue de la série et le dénouement de l’histoire de Rasa, son « héroïne ».

Niveau staff, on retrouve Mac Walters épaulé de Jeremy Barlow au scénario, Tony Parker aux pinceaux, Michael Atiyeh à la colorisation et Benjamin Carré à la couverture.

Résumé intégral :

Le comic s’ouvre sur un flashback nous rappelant la dure enfance de Rasa, exploitée par un réseau de criminels spécialisé dans les petits larcins. Son patron la menace « Souviens toi, tu m’appartiens »… Et sur cette phrase, nous revenons avec un effet visuel plutôt efficace aux jours présents, au sein d’une station de Cerberus : « Plus maintenant ». Rasa est déterminée à en découdre avec l’organisation pro-humaine. Elle se rend auprès de scientifiques et leur demande de signer l’autorisation pour mettre un terme au projet du clone de Shepard. Mais elle est reconnue par un péon et elle finit par dégommer tout le monde à coup de cartouches thermiques.

En parallèle, Miranda Lawson est alertée de la situation : ils ont perdu contact avec le laboratoire du clone. Miranda demande à voir les caméras de surveillance de l’endroit, mais tout le réseau informatique se met à planter, victime d’un virus de Rasa, et diffuse le trailer du dernier film Blasto « Requiem for a Reaper » (le clin d’oeil m’a bien fait rire, j’ai trouvé la situation fort bien trouvée). Miranda devine très vite que cela est l’oeuvre de Rasa, et part à sa poursuite, à grand renfort d’hommes et de mécas. Je précise que toute l’intrigue est entrecoupée de ces fameux flashbacks de l’enfance de Rasa, montrant à quel point elle a été malmenée et a eu la vie dure, mais comme ils n’apportent rien, je ne m’attarderais pas plus dessus. Finalement, Miranda atteint rapidement Rasa malgré le système anti-incendie que Rasa a piraté qui leur déverse des litres d’eau sur la tronche. S’ensuit alors un affrontement des plus bordéliques : on ne comprend absolument rien à se qui se passe car Rasa et Miranda sont dessinées exactement de la même manière et arborent la même coiffure, impossible de savoir laquelle est laquelle… Pour la facilité de lecture, on repassera. Finalement, Miranda pense avoir le dessus sur Rasa de part leur surnombre. Mais Rasa avait tout prévu : elle a piraté tous les mécas de la base qui sont à présents programmés pour assurer sa protection. Elle réussi à s’échapper.

On retrouve Rasa plus tard à bord d’une navette qui s’apprête à évacuer la station avec le clone dans la soute de son vaisseau. Mais Miranda la rattrape, bien décidée à ne pas la laisser s’enfuir avec le clone. S’ensuit un autre combat bordélique où les deux son en armure de Cerberus, sans encore avoir un véritable moyen de différencier qui est qui… C’est vraiment déplaisant, d’autant plus que le combat est assez creux, ponctué de phrases qui se veulent badass mais qui ressemblent plus à un ridicule catfight entre Rasa et Miranda (« Homme Trouble, mon bel Homme Trouble, dis-moi qui est la plus belle »). Et puis, sans vraiment comprendre ce qui s’est passé suite à une explosion biotique, on retrouve plus tard Miranda dans le bureau de l’Homme Trouble. Elle l’informe que Rasa a réussi à s’enfuir avec le clone. Son vaisseau a été tracé jusqu’au système Arcturus, et Miranda a envoyé une équipe à sa poursuite. L’Homme Trouble lui ordonne d’annuler la mission : les Moissonneurs arrivent, Cerberus ne peut perdre son temps et ses ressources pour Rasa. La priorité est la résurrection de Shepard. Miranda réplique que Rasa est dangereuse car elle possède le clone de Shepard, ce que l’Homme Trouble révoque en déclarant que ce n’est pas Shepard.

Le comic s’achève sur Rasa dans une base secrète, qui discute avec la cuve contenant le clone de Shepard. Le clone sera plus fort et meilleur que le véritable Commandant, et lui sera totalement dévoué. Ensemble, Rasa et le clone construiront leur propre destinée. Fin.

Critique :

Vous l’aurez compris en lisant ma critique, la fin est à la hauteur de l’intégralité de la série : décevante et médiocre. Ce tome marque enfin la fin de Rasa au sein de Cerberus, ainsi que la fin de Foundation. Il était temps ! Cette série a réussi l’exploit de s’étendre sur 13 tomes et près de 400 pages, sans aucune consistance et avec un scénario tenant sur un post-it. Bref, un beau chaos scénaristique, ainsi qu’esthétique.

Attardons-nous tous d’abord sur l’aspect visuel de Foundation. C’est une série de comic, les images et le rendu visuel sont donc au centre de ce que l’on attend pour faciliter la lecture et apprécier l’oeuvre. Or, la série a été très inégale sur le plan illustratif sur l’ensemble de la série. 4 artistes se sont succédés :

Omar Francia : Dessinateur principal des comics Mass Effect. Habitué de l’univers, son style colle parfaitement avec le design des personnages et l’univers. Or, il a été chargé du premier tome, le plus pauvre de la série, et visuellement, malgré les jolis traits d’Omar Francia, ce tome ne vaut rien : il ne reflète pas l’ambiance de l’univers de Mass Effect.

Matthew Clark : Nouveau venu, il a été chargé des tomes tomes 5 et 6, centrés sur Miranda et Jacob. Ces tomes sont selon moi les plus aboutis visuellement, le trait de Matthew Clark est vraiment superbe et rend hommage aux deux agents de Cerberus ainsi qu’à l’univers.

Garry Brown : Il avait déjà travaillé sur Mass Effect : Homeworlds et He who laughs the best, néanmoins, je trouve son style toujours aussi affreux : très brouillon, très carré, à la limite du story board. Il n’a absolument pas mis en valeur le personnage de Jack dans le tome 7.

Tony Parker : Nouveau venu, ce dessinateur n’a rien à voir avec le joueur de basket a eu la charge de la majorité des tomes de Foundation (tomes 2, 3, 4, 8, 9, 10, 11, 12 et 13). Malgré ma sympathie pour l’homme, je dois avouer que son travail est très inégal : son style son les premiers tomes était vraiment brouillon, on voyait qu’il ne pompait rien à l’atmosphère de la saga. Néanmoins, les gros plans et les plans larges ne sont toujours pas son fort, de même que les personnages féminins. Rasa, Miranda, Ashley sont toutes des clones sous ses traits (alors qu’il y a des différences manifestes )et on peine à les différencier. Le summum est atteint dans cet ultime tome, Foundation #13, presque illisible tellement c’est mal dessiné et confus : on ne sait qui est qui, et la lecture en pâtit.

Benjamin Carré : Je me permets une petite digression pour parler de l’auteur des couvertures, le français Benjamin Carré. A mes yeux, il a été le seul élément de qualité constant dans cette série, ses couvertures étant toutes plus abouties et jolies les unes que les autres, bien que parfois assez mensongère (cf la couverture du tome 8 qui nous présente Rasa et Thane alors que ce dernier n’apparaît que sur 2 pages, ou encore la couverture du tome 13 qui nous présente Rasa se confrontant à Kai-Leng, alors que ce dernier est totalement absent du tome), mais il semblerait qu’il soit courant dans l’univers des comics que la couverture n’ait pas grand chose à voir avec le contenu.

Au tour du scénario à présent. Je m’interroge encore sur le choix de Mac Walters quant à cette série. Une longue série de comic aurait été l’occasion d’établir une véritable histoire sur le long terme, avec de la consistance, des personnages développés dans le temps avec une réelle profondeur et la possibilité pour le lecteur de s’y attacher… Au lieu de cela, Foundation relève en réalité d’une série de one-shot comics, qui revient dans chaque tome sur une période de la vie des coéquipiers de Shepard. Et ces périodes sont particulièrement mal choisie, car se ne sont que des faits dont nous connaissons déjà l’existence, pour peu que l’on ait pris la peine de discuter avec les personnages. Alors qu’il y a tant à dire sur les personnages pour les approfondir, pourquoi revenir sur des faits déjà connus ? Juste pour les mettre en image au cas où on manquerait de créativité pour se les imaginer ? Mais bref.

En fil conducteur de ces one-shot comics centrés sur les coéquipiers de Shepard, on retrouve le personnage de Rasa, introduite sous l’identité de Maya Brooks dans le DLC Citadelle. Cette dernière était censée être l’héroïne de la série, mais n’a finalement servie que de prétexte/potiche au cours de la plupart des tomes. Il faudra attendre l’arrivée de Jeremy Barlow à la co-écriture du scénario avec Mac Walters pour que Rasa prenne enfin un semblant d’intérêt.

Foundation revient donc maladroitement sur ce personnage, de son enfance difficile à son enrôlement dans Cerberus ; son dévouement total à l’Homme Trouble puis ses premiers doutes sur l’organisation alors qu’elle se renseigne sur les coéquipiers potentiels de Shepard ; jusqu’à son évasion de Cerberus en embarquant avec elle le clone du Commandant. La suite on la connaît, elle élevera le clone dans le but de prendre la place du véritable Shepard et de conquérir le monde (à peu de chose prêt).

Malgré la médiocrité de l’ensemble, il reste cependant à mes yeux quelques tomes uniques à sauver :

le tome 3, centré sur Ashley qui nous narre les événements d’Eden Prime

le tome 9, centré sur Mordin. Parce que c’est toujours un plaisir de voir le Galarien et de suivre ses aventures jusqu’au cœur de Tuchanka pour modifier le Génophage.

le tome 11, centré sur Zaeed. Si je ne suis pas fan du personnage, ce tome reste efficace et colle bien au personnage, même s’il n’apporter strictement rien à l’univers

tome 12, centré sur Thane. Si le passé du Drell devait rester du domaine de l’intime et de l’imaginaire pour moi, le tome revient parfaitement sur la vie de Thane, du moment où il est devenu assassin pour les Hanari à sa rencontre avec et Irikah, et les sombres événements qui mèneront la famille Krios à sa perte.

En dépit des tomes ci-dessus qui tirent leur épingle du jeu, je continue de regretter le potentiel gâché de cette série. Annoncée comme une série novatrice, la première longue-série de comic Mass Effect qui reviendrait sur les fondations de la saga, Foundation n’aura été finalement qu’une mascarade jusqu’au bout. Je suis bien contente que la série soit achevée, et j’attendrais d’un œil très suspicieux la prochaine série de comic, si tant est qu’il y en ait une étant donné l’accueil catastrophique de Mass Effect : Foundation.

Par Natsumi

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